Mes disques favoris de 2024 (3e partie : octobre → décembre)

Mes disques favoris de 2024 (3e partie : octobre → décembre)

Mes disques préférés de 2024, part. 3 (image générée par intelligence artificielle)

Nous y voilà. Troisième et dernière partie de cette large liste des disques que j’ai appréciés pour l’année 2024, avec les sorties s’étalant d’octobre à décembre (encore et toujours énumérées par date de publication). Il y a du connu et du moins connu (quel suspense insoutenable, pfiou), mais trêve de blabla et en avant la musique.

My World, Karen Dió (25/10/2024)

Pop punk, Brésil/Royaume-Uni

Jeune Brésilienne installée au Royaume-Uni, Karen Dió propose un punk avec un son quasi FM parfaitement efficace pour rester en tête. My World expédie six titres en moins de douze minutes avec en apothéose la trilogie 3AM, So Funny et surtout Sick Ride.

C’est d’une simplicité extrême, mais ça prend assurément. Un EP que je qualifierais presque de « plaisir coupable » parce que ça me fait penser sous certains aspects à… Avril Lavigne.


Year of the Pest, Pest Control (25/10/2024)

Crossover thrash, Leeds (Royaume-Uni)

Une déferlante de riffs, du mosh part à foison, des soli stridents et un chant féminin bien percutant. Tout au long des quatre titres de Year of the Pest, Pest Control tend à démontrer son savoir-faire en matière de crossover thrash qui démolit tout sur son passage.

Dur de ne pas penser à un groupe référence comme Municipal Waste à l’écoute de cet EP, dont même la pochette façon cartoon se réapproprie également les codes du genre à la perfection. Mon petit doigt me dit que je risque de reparler de ce groupe à l’avenir.


Cartoon Darkness, Amyl and The Sniffers (25/10/2024)

Rock/punk, Melbourne (Australie)

De toutes les formations énumérées le long de ce top en trois épisodes, celle-ci est sans aucun doute la plus connue. Devenus des références internationales à force d’albums acclamés et de tournées mondiales à succès, Amyl and The Sniffers reviennent avec un troisième opus nommé Cartoon Darkness.

Là où tous les groupes rock populaires du moment ont beaucoup trop tendance à changer d’horizon au gré de leurs nouvelles productions pour que ça puisse encore m’intéresser, il est admirable de constater que les Australien·ne·s ont gardé leur côté « sans concession ». Il ne serait donc pas nécessaire de se vautrer dans le mielleux ou dans les expérimentations hasardeuses pour continuer de plaire ? Tiens donc.

Alors bien sûr, il y a quelques passages surprenants (et plaisants), comme par exemple Big Dreams qui ressemblerait quasiment à une ballade, même chose ou presque pour Bailing on Me. On y retrouve une Amyl qui prouve qu’elle sait chanter de façon très correcte.

Mais pour le reste, on garde les bases qui ont fait la réputation du groupe : riffs rapides et relativement simplistes avec une bonne grosse disto, vibes bien bluesy ou bien rock’n’roll à l’ancienne, voix aussi nasillarde que braillarde, etc. Leur style a été classifié en tant que « pub rock », mais n’en saisissant pas toutes les subtilités je me contenterai de les classer comme groupe garage rock ou punk rock.

Quoi qu’il en soit, Cartoon Darkness est peut-être bien l’album le plus réussi du quatuor selon moi. Et bien sûr, les dégaines assumées de schlags, caractéristiques des groupes australiens actuels, sont bel et bien présentes.


Hate Training, Punitive Damage (25/10/2024)

Hardcore, Vancouver (Canada)

J’avais déjà parlé de leur premier LP dans mon top des sorties de 2022 : voici que les Canadien·ne·s de Punitive Damage sont de retour avec Hate Training, un EP de six titres pour un peu plus de 7min30sec.

Ça suinte toujours autant la haine, avec ce chant qui me donne l’impression de me faire engueuler. Oui j’ai compris, je vais aller ranger ma chambre après avoir apprécié cet empilement de riffs effrénés mâtiné de quelques changements de rythme bienvenus.


No Angels, Si Dios Quiere (25/10/2024)

Métal hardcore, Chicago (États-Unis)

Cinquième sortie du 25 octobre figurant dans ce classement : le record est battu. La pochette de No Angels façon tattoo art et ses références à la culture chicano annoncent la couleur : en effet, j’ai souvent l’impression que les groupes de hardcore issus de la communauté latino-américaine ont un son très lourd, métallique, et un chant scandé qui suinte l’aigreur.

Clichés ou pas, les dénommés Si Dios Quiere ont en tout cas emprunté ce chemin, avec une musique groovy et des riffs oppressants comme savent par exemple le faire Sworn Enemy. Disons que ça mitraille pas mal avec des munitions de différents calibres.


Ministerial Cafeteria, Thirdface (01/11/2024)

Hardcore, Nashville (États-Unis)

Revoilà Thirdface et son hardcore déstructuré dont j’avais déjà évoqué le premier opus. Son successeur, le dénommé Ministerial Cafeteria, est tout à fait dans la même veine : c’est chaotique, dissonant, le chant est hargneux et très peu varié, les compos partent dans tous les sens et l’ambiance générale est pesante.

Ça me fait penser à Converge et, même si je ne suis habituellement pas un fan assidu de ce sous-genre, je dois bien avouer que les deux albums sortis par le groupe jusqu’ici m’ont convaincu de les suivre attentivement.


Fuge, Surreal Fatal (15/11/2024)

Post-hardcore, Hambourg (Allemagne)

Provenant de la grande ville portuaire du Nord de l’Allemagne (que le groupe semble beaucoup évoquer dans ses chansons), Surreal Fatal et son duo chanteuse/chanteur (mais surtout chanteuse) ont choisi de s’exprimer dans leur langue maternelle.

Côté musique, cela donne un post-hardcore qui alterne entre accalmies et moments de tension. Cela me fait penser à Petrol Girls ou à Gouge Away, notamment au niveau de la guitare au son assez « aérien » (désolé, je ne sais pas trop comment décrire ça autrement).

En plus de ça, la formation vient et parle d’Hambourg, une ville dans laquelle j’ai de bons souvenirs et pour laquelle j’ai beaucoup d’affection, alors je vous recommande de vous pencher sur Fugue et ses différentes compos aux allures mélancoliques.


To Live is to Suffer, Suffer No Fools (15/11/2024)

Crossover thrash, Houghton (Michigan, É.-U.)

Dans ma liste des Power Trip-likes, je vous présente ma dernière découverte : Suffer No Fools. To Live is to Suffer n’invente ou ne réinvente rien, toutefois il fait ce qu’on en attend durant son quart d’heure de durée totale.

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises d’Enforced ici, on est clairement dans la veine des groupes crossover avec cette prod’ particulière qui donne parfois l’impression d’entendre la musique depuis la pièce d’à côté, l’oreille collée sur la cloison en placo. Une bande-son parfaite pour ceux qui portent des Air Jordan montantes, une veste en jean sans manches et une casquette à la visière relevée par-dessus leurs longs cheveux.


Sette, Inarrestabili (21/11/2024)

Punk, Sardaigne (Italie)

S’exprimant uniquement dans la langue de Laura Pausini, Inarrestabili joue un punk aux forts accents mélodiques me rappelant le dernier album de leurs compatriotes de Bull Brigade. Sette, comme le nombre de chansons composant ce disque (besoin d’une traduction ?), qui sont toutes d’un bien bel acabit.

Ça s’écoute facilement sans avoir à pousser le son à fond, et le chant clair parfaitement audible permet même de réviser son italien au besoin.


Not Fuckin’ About, Fever Shack (22/11/2024)

Métal hardcore, Melbourne (Australie)

Démonstration de force en dix minutes et quatre titres. Pour les fanas de hardcore au son métallique bien lourd, Fever Shack et son Not Fuckin’ About tout en finesse ne sont pas là pour plaisanter. J’ai l’impression de répéter tout le temps la même chose et de ne jamais faire dans l’originalité, mais c’est comme ça.

Riffs groovy en palm mute, alternance entre passages qui font bouger la tête (et pas que) et moments plus lents et pesants, le tout appuyé par un chant puissant : la bonne formule façon Terror, ou comme celle employée par leurs compatriotes Speed dont j’ai parlé précédemment.

Plutôt déconcerté par le choix de ces déguisements moyenâgeux dans ce clip, toutefois.


Disconnected, The Unfit (22/11/2024)

Punk hardcore, Seattle (États-Unis)

J’ai connu les vétérans du hardcore marseillais Unfit, j’apprends désormais à faire avec leurs quasi-homonymes américains The Unfit. Disconnected est un EP faisant la part belle à un style me rappelant celui de Off! avec un chanteur braillard, un son de guitare bien crade assénant des riffs simplistes, et une ambiance noise punk généralisée.

Le genre de galette qui tient éveillée, pour peu que l’on commençait à s’assoupir.


Yom-Ma-Lok, Whispers (13/12/2024)

Métal hardcore, Bangkok (Thaïlande)

Flatspot Records, c’est LE label hardcore du moment avec au catalogue Scowl, Speed, Buggin et tant d’autres jolis noms. Inutile de dire que quand ils annoncent la nouvelle sortie d’un groupe thaïlandais dont on ignore tout, on y fait forcément attention.

Ainsi, Whispers propose ce Yom-Ma-Lok de bonne facture. Le son est gras, le chant se fait particulièrement puissant, et les compos sont dans la veine du hardcore métallique qui faisait fureur dans les années 90. Pour peu qu’on aime les bons gros riffs, on est une fois de plus servi.

On retrouve sur cet album des feat. avec notamment le chanteur de Speed (tiens donc) ou Stephen Bessac, le leader de Kickback (mythique groupe français – plus ou moins en sommeil – de renommée internationale et à la réputation que je qualifierais gentiment de sulfureuse).

Tous ces éléments mis ensemble, ça donne une idée des attentes que l’on peut avoir autour de cette formation qui, d’après moi, y répond tout à fait.


C’en est donc fini de ce classement en trois parties. J’espère que ça n’était pas insurmontable, et j’espère surtout faire plus court, autour d’une sélection beaucoup plus restreinte la prochaine fois. Si vous aviez manqué les deux premières fournées, la liste de janvier à mars est consultable ici et celle s’étalant d’avril à septembre là.